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February 18 2012
La politique nuit à l’e-commerce
C’est une boutique jeune, sympa, qui vend des produits qui s’adressent à un public de geek. Son jeune patron a bien su dès le départ utiliser les médias sociaux, Twitter, Facebook et blogs, pour générer autour de lui un véritable capital de sympathie. Et toute une clientèle de geeks s’est mise à acheter ses produits, autant pour leur qualité que pour la personnalité du créateur. Le produit et le marchand sont assimilés, on achète cet article parce qu’il est bon, mais aussi parce qu’il est vendu par ce garçon.
Or voilà t’y pas qu’en cette période électorale, ce jeune homme vient de tomber amoureux… d’un candidat ! Et se sert des mêmes médias sociaux qui ont assuré la notoriété de sa marque pour faire la promotion de son candidat. Mélenchon, pour ne pas le citer.

Personnellement, je n’ai rien ni pour ni contre Jean-Luc Mélenchon. Je le trouve très bon dans son show, cultivé en diable et excellent tribun. Il a remplacé avec succès, dans le rôle de chouchou des médias grande-gueule-sévèrement-burné, des George Marchais, Bernard Tapie ou Jean-Marie Le Pen. Il assure le spectacle, mais tout ça, c’est du show-bizz, à ne pas mélanger avec le business.
La politique c’est bon pour pécho.
Lorsque j’étais jeune, nous allions avec les copains dans les soirées de victoires électorales. Peu importait le parti gagnant, il nous suffisait d’apprendre quelques phrases clés pour se fondre dans la foule en délire des gagnants du jour. On pochetronait à l’œil, et il n’était pas bien difficile d’emballer une militante toute mouillée excitée par la victoire de son parti. Faire hurler de plaisir une fille au son de la Marseillaise, de l’Internationale, ou de chants de l’Armée allemande, quelle différence ?
La politique c’est bon pour la déconne.
Sur les médias sociaux, il y a fréquemment de joyeux mouvements de grosse déconnade collective sur le thème de la politique. Naguère le site de Ségolène Royal, actuellement l’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy, ont donné lieu à des détournement massifs, souvent hilarants. Internet a souvent le boyau de la rigolade en l’air, c’est pour cela qu’on l’aime.
Autant il était sans risque pour un commerçant de soutenir Coluche en 81, autant c’est dangereux de nos jours de claironner son attachement pour un quelconque candidat.
La politique c’est mauvais pour le business.
En affichant clairement sa préférence pour tel ou tel parti, quand on est commerçant, forcément on se coupe de la clientèle de ceux qui sont dans l’autre bord. Et donc de leur argent.
Comment faire entendre raison au jeune patron de cette boutique ? Lui faire comprendre qu’en soutenant passionnément un candidat qui fera 10% des voix, il risque de faire fuir 90% de sa clientèle ? Comment lui expliquer qu’un e-commerçant, surtout assimilé comme lui à son produit, se doit d’être neutre, et de ne pas exposer ses idées sur les réseaux sociaux ?
Le présent billet n’est aucunement fait pour nuire à la boutique en question, j’aime bien son dirigeant, nous avons souvent des discussions philosophiques dans un groupe Facebook. Si par hasard vous avez cru reconnaitre de qui je parle, merci de pas citer nommément cette boutique ou ce garçon dans vos commentaires. Poil au prolétaire.
Tags : E-commerce, Facebook, réseaux sociaux, Twitter